Grégory Vroman

Conférence réalisée par       

Bernard DEFEVER                   

Mardi 19 mai 2026

La culasse quand il est taillé joue un rôle de miroir selon la taille.

Son étymologie rend hommage à sa résistance : le grec adamas signifie « indomptable » ou « invincible ». Cette suprématie physique est codifiée par l’échelle de Mohs, où le diamant trône au sommet.

 

Échelle de Mohs (Dureté des minéraux)

Degré

Minéral

Test de dureté

1

Talc

Friable sous l’ongle

2

Gypse

Rayé par l’ongle

3

Calcite

Rayé par une pièce de monnaie

4

Fluorite

Facilement rayable avec un couteau

5

Apatite

Rayé au couteau

6

Orthose

Rayé avec une lime

7

Quartz

Raye une vitre

8

Topaze

Rayé par des outils au tungstène

9

Corindon

Rayé par le carbure de silicium

10

Diamant

Rayé uniquement par un autre diamant

 

Le diamant est très recherché dans l’industrie grâce à sa dureté.

Le carat :

Le carat du diamant est le poids : 0,2 g. Le nom carat vient de la graine de l’arbre le caroubier qui fait environ ce poids.

Le diamant est du carbone pur cristallisé. Si ce n’est pas cristallisé, c’est du graphite.

La couleur :

S’il s’agit du carbone pur : le diamant est incolore.

S’il y a un peu d’azote : il est jaune.

S’il y a du bore : il devient bleu.

S’il y a de l’hydrogène : rose.

L’irradiation naturelle le fait devenir vert.

Plus le diamant est coloré, plus c’est rare et plus c’est cher.

La fluorescence :

C’est la réaction d’un objet à la lumière noire (UV).

 

Achat d’un diamant : méthode des 4 C

– Carat : poids

– Couleur

– Clarity : pureté

– Cut : taille

Formation du diamant :

Entre 70 millions et 2,5  milliards d’années à 200 km sous terre avec une très forte pression et 1 700 degrés.

On retrouve le diamant associé à une autre roche la Kimberlite.

Les origines du diamant :

– 2 000 avant J.-C. En Inde : mines de Golconde

– 1730 au Brésil

– 1914 au Zaïre

– 1917 en Angola

– 1940 en Tanzanie

– 1950 en URSS

– 2003 en Australie

Diamants célèbres :

  • le Culinan faisait 3106 carats. Il a ensuite été taillé en plusieurs diamants pour la Reine d’Angleterre.
  • La briolette des Indes a appartenu à Aliénor d’Aquitaine.
  • Mazarin collectionnait les diamants (18 de 10 à 50 carats) : il en reste 3 après la révolution.
  • Louis XIV a acheté le diamant Grand Bleu.
  • Philippe d’Orléans a fait l’acquisition du diamant nommé le Régent.
  • Louis Philippe vend tous les bijoux et donc tous les diamants de la couronne de France.

Histoire du Hope

Jean-Baptiste Tavernier (1628 – 1698), grand voyageur va en Inde à Golconde acheter des diamants.

C’est lors de son 6ème voyage qui durera 5 ans qu’il ramènera 1 083 diamants dont le Grand Diamant Bleu. C’est une véritable expédition car il part bien accompagné.

Il passe en un premier temps par Bahreïn où il achète des perles fines. Bahreïn est en effet un haut lieu de la pêche de perles fines qui sont très appréciées des Maharadja d’Inde dont Abu Al Hassan (connu pour avoir construit le Taj Mahal).

Les mines de Golconde sont associées à plusieurs pierres légendaires : Koh-i-Noor, Régent, Bleu de France, Orloff et Shah.

 

Tavernier vendit le diamant bleu à très bon prix (220 000 livres tournois — soit l’équivalent de 147 kg d’or pur — à Louis XIV qui lui acheta les 47 plus gros diamants pour une somme équivalente à une tonne d’or pur. Le roi l’exposa d’abord dans son cabinet de curiosité du château de Saint-Germain-en-Laye, puis ordonna en 1671 que la gemme fût retaillée dans le goût occidental de l’époque, c’est-à-dire pour améliorer sa brillance. Jean Pittan, le joaillier de la cour mit deux ans pour mettre au point le dessin définitif et deux autres années pour exécuter la taille[.

 

Ce diamant était un chef-d’œuvre de travail lapidaire, dû notamment à ses 72 facettes, à sa double symétrie impaire (d’ordre 3 et 7) et la perfection de sa taille. Le diamant était serti dans une sorte de broche que le roi portait à son foulard (« cravate ») lors des fêtes.

Pendant le règne de Louis XV, le diamant est délaissé jusqu’en 1749, le roi préférant sertir sa couronne de diamants incolores.

Il revient en grâce lorsque le roi est fait chevalier de l’Ordre de la Toison d’or. En 1749 à cette occasion, Louis XV demanda au joaillier Pierre-André Jacquemin (1720-1773) d’inclure le diamant bleu dans l’insigne de l’ordre de la Toison d’Or de la parure de couleur du roi.

La Toison d’Or et son grand diamant bleu furent volés à l’hôtel du Garde-Meuble entre les 11 et 16 septembre 1792. La très grande majorité des joyaux de la Couronne qui y étaient exposés ont été dérobés

Le diamant bleu montre une « rose centrale » au-dessus d’uneToison d’or (dépouille de bélier) sertie de 115 diamants.

La parure est retrouvée auprès des voleurs en 1795 mais reperdue peu de temps après. Les érudits du XIXe siècle retracent son parcours : un marchand ambulant, habitué des foires, du nom de Cadet Guillot[ passe en Angleterre d’où la pierre serait soit restée cachée à Londres. Selon toute vraisemblance, le diamant bleu aurait alors été obtenu auprès dudit Guillot en 1824 par le banquier et collectionneur Thomas Hope qui lui donne son nom. Les propriétaires successifs du Hope au XXe siècle sont Pierre Cartier, fils du célèbre joaillier Alfred Cartier (de 1910 à 1911) qui le revend 300 000 dollars à Evalyn Walsh

McLean (en). Celle-ci en est propriétaire 1911 à sa mort en 1947, puis il passe à Harry Winston en 1949, qui en fait don au Smithsonian Institute de Washington en 1958.

Le diamant Hope exposé au Smithsonian Institute

 
  

La Malédiction du Diamant Hope : Mythes et Réalités Tragiques

La légende du Hope se nourrit de destins funestes, souvent exagérés, mais parfois documentés avec une précision glaçante :

  • Jean-Baptiste Tavernier : On raconte qu’il fut dévoré par un tigre en Inde pour avoir profané une statue de Rama. La réalité historique est plus sereine : il s’éteignit à Moscou à l’âge respectable de 70 ans.
  • Louis XIV & Louis XVI : Le Roi Soleil ne le porta qu’une fois et mourut peu après. Louis XVI l’offrit à Marie-Antoinette avant que l’échafaud ne mette fin à leur règne.
  • Philip Hope : Le banquier qui donna son nom à la pierre finit sa vie dans la ruine financière.
  • Le Prince Russe & le Sultan : Un prince russe aurait tué sa maîtresse le soir même de l’achat ; le sultan Abdûl Hamid, après l’avoir offert à sa favorite, l’aurait assassinée.
  • Edward McLean : Propriétaire malheureux, il disparut lors du naufrage du Titanic. La « malédiction » se poursuivit par les suicides documentés de sa femme et de sa petite-fille.
  • Cartier aurait contribué à diffuser les rumeurs de malédiction au début du XXe siècle, ce qui donne aussi à l’histoire une dimension commerciale et médiatique.
  • Harry Winston acquiert le diamant en 1958. Depuis cette date, le Hope est exposé à la Smithsonian Institution à Washington.
  • La fluorescence rouge du Hope sous lumière ultraviolette est présentée comme l’une de ses caractéristiques les plus marquantes.

L’univers des perles :

Bahreïn est le site de la pêche des perles fines. Elles se forment à partir des huîtres : un parasite s’introduit dans la coquille, l’huître se défend et entoure le parasite de nacre. C’est très rare, pour une perle utilisée en joaillerie il faut 1 000 000 d’huîtres environ.

Des exemples de perles célèbres, comme la perle d’Asie et la perle Hope, montrent que les perles peuvent elles aussi porter une histoire de pouvoir, de prestige et de collection.

Ainsi Maisy Plant  a troqué à l’établissement Cartier un immeuble 5ème avenue à New York contre un collier de perles.

Kokichi Mikimoto a créé en 1914 au Japon les perles de culture : dans une huître, on introduit un noyau. L’huître va sécréter des couches de nacre autour. En 1980 sont créées les perles d’eau douce.

Conclusion

Cette conférence présente le diamant Hope comme un objet total : pierre scientifique, chef-d’œuvre de taille, joyau historique, objet de commerce, symbole de pouvoir et support de légende.

Compte-rendu réalisé pour l’UTL Pévèle Carembault avec l’aimable autorisation de Bernard Defever