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Conférence réalisée par Bruno LEMAITRE

Mardi 3 février 2026

I SES DEBUTS, DANS LES QUOTIDIENS

Les aventures de Tintin commencent à paraître le 10 janvier 1929 dans «Le Petit Vingtième», le supplément hebdomadaire pour la jeunesse du quotidien belge catholique et conservateur «Le Vingtième Siècle». C’est son directeur, l’abbé Norbert Wallez qui prend en charge les frais d’impression des albums. Il a vu en Hergé une personne qui pouvait l’aider à passer des messages, l’accompagner dans son combat idéologique.

Le graphisme des premières vignettes était naïf. Hergé ne pensait pas que le personnage allait connaître autant de succès.

Les aventures de Tintin au pays des Soviets débutent dans le périodique. Le premier épisode rencontre un grand succès et donne à Hergé un rôle providentiel dans le journal.

1930 Tintin au pays des Soviets.

Il faut se rappeler le contexte de l’époque : la Russie soviétique était perçue comme une menace pour l’Occident ; on voulait stigmatiser le régime de Staline.

Il y avait un côté un peu naïf dans la façon dont Hergé retraçait l’esprit de l’époque. Hergé ne connaissait pas la manière dont vivait le pays.

Tintin est d’abord une œuvre de jeunesse. Hergé n’avait pas d’arrière-pensée politique. Le regard d’Hergé sur la Russie soviétique est façonné par d’autres récits.

Ce n’est qu’en 1973 qu’une réédition en facsimilé sera proposé par l’Edition Casterman car le sujet avait fait débat à l’époque.

1931 Tintin au Congo.

Ce n’est pas Hergé qui choisissait les sujets, mais c’est l’abbé Wallez qui lui propose le Congo. A l’époque le Congo (belge) est gouverné par le roi des Belges.

Le Congo produisait du cuivre, du cobalt, du radium. On y exploitait des mines de diamants. « Il fallait susciter des vocations coloniales ».

Hergé n’est pas allé en Afrique. Son album est le reflet de l’image qu’on avait du pays à l’époque.

On a reproché à Hergé cette teinte particulière. Une mention a été rajoutée en début d’album précisant que la colonisation était prônée à l’époque. Les missionnaires avaient pour charge d’éduquer les enfants africains =>on a parlé de racisme.

Ce n’était pas l’intention de l’auteur.

L’album a été mis à l’index pendant quelques années. Les rééditions en couleur de l’ouvrage en 1941/1942 deviennent sujets à polémique. On a conservé les images, mais changé le message.

Hergé avait constitué son histoire à partir de photos trouvées dans les ouvrages : chasse à l’éléphant par exemple, porteurs.

1932 Tintin en Amérique.

On est en pleine prohibition et les hommes sans scrupules vont tenter de tirer parti de cet état de fait.

Hergé va introduire des personnages réels : ex. Al Capone, « Scarface » gangster américain.

Hergé n’avait pas mis les pieds aux Etats-Unis.

Critiqué par Philippe Goddin, expert et critique littéraire belge, spécialiste de la vie et de l’œuvre d’Hergé, Hergé s’excusera : « Je me suis fait piéger par l’ambiance et les idées générales de l’époque ».

II DES ALBUMS DE PLUS EN PLUS DOCUMENTES

1934 Les Cigares du Pharaon.

L’histoire est d’abord publiée en noir et blanc de façon hebdomadaire dans Le Petit Vingtième, sous le titre Les Aventures de Tintin en Orient.

Tintin lutte contre les trafiquants de drogue dans les rues de Shangaï.

Cet album constitue un tournant dans la réalisation de ses œuvres. Il va les construire comme un roman. Le scénario est charpenté, l’intrigue solide et le suspens renouvelé.

Il y a beaucoup de trafics, au Moyen Orient. Hergé s’inspire de la vie d’un aventurier célèbre : Henry de Monfreid, originaire du Midi de la France.

Apparaissent pour la première fois en 1932 les Dupont et Dupond, qu’on peut identifier grâce à leur moustache (Hergé s’est inspiré d’une photo de personnes existantes). Ils avaient été évoqués avant sous le nom énigmatique de X33 et X33 bis.

Dans cet album, quand on est passé du noir et blanc à la couleur, des scènes ont été supprimées comme celle des serpents, alors qu’elle avait fait l’objet d’une couverture dans le Petit Vingtième.

L’éditeur tournaisien Casterman obtient , après avoir indemnisé Norbert Wallez, le droit d’éditer tous les albums de l’auteur en langue française.. Il éditera cet album en novembre 1934.

1936 Le Lotus Bleu.

Dans ce deuxième volet des aventures orientales, Hergé envoie ses héros en Chine. Il montre ce pays pauvre, sous domination japonaise.
Dans la vieille ville de Shangaï, il y avait une concession internationale. Une concession française fut créée au nord.

Hergé rassemble une abondante documentation pour livrer de la Chine une image fidèle et cohérente, éloignée des représentations occidentales trop stéréotypées de l’époque.

Certaines pages ne tardèrent pas à soulever les protestations des représentants nippons à Bruxelles.

L’incident de Mukden qui sert de prétexte à l’invasion japonaise de la Mandchourie en 1931 est retracé dans l’album.  Hergé avait compris l’importance de bien se documenter.

C’est dans ce cadre qu’Hergé rencontre plusieurs étudiants chinois, et notamment un dessinateur Tchang Tchong-jen dont la rencontre le bouleverse et modifie son approche. Celui-ci tient à ce que l’on parle de son pays avec précision. Il tient une telle importance dans la vie d’Hergé, qu’il en fait un personnage de l’album : Tchang.

Il retrouvera celui-ci en 1981, 47 ans après sa première rencontre. Les retrouvailles furent émouvantes, Hergé étant à ce moment-là, déjà malade.

1937 L’Oreille Cassée.

Dans cet opus, un fétiche arumbaya est volé puis restitué le lendemain. En parallèle, un dénommé Balthazar, sculpteur, est retrouvé mort dans son appartement.

Dans cet album, Tintin est au milieu d’une confrontation entre l’Etat de San Théodoros, et son voisin, le Nuevo Rico, deux Etats imaginaires d’Amérique du Sud créés par le dessinateur . Hergé transpose l’actualité de son époque pour construire des éléments du récit. Il adapte par exemple la guerre du Chaco, un conflit meurtrier qui oppose la Bolivie et le Paraguay.

1938 L’Ile Noire.

L‘aventure a pour décor un château écossais. Hergé s’inspire d’un château au large de Kitloch sur une île écossaise. La bâtisse, présumée hantée, abrite en réalité les activités illicites d’un réseau de trafiquants de fausse monnaie.

L’édition de 1938 ne correspondait plus trop au goût des lecteurs. Hergé va refaire l’album afin de le rendre plus conforme à la réalité (architecture des maisons et décoration intérieure). Il va moderniser les décors, en s’inspirant de revues tel le « National Géographic Magazine ».

1939 Le Sceptre d’Ottokar.

Le contexte géopolitique européen de la fin des années 1930 influence fortement la création du Sceptre d’Ottokar. En 1939, les radios retransmettent les discours d’Hitler.

Hergé crée un pays imaginaire pour en faire le théâtre de son intrigue : la Syldavie, petite monarchie de la péninsule balkanique, est menacée d’annexion par la Bordurie voisine.

Un complot de grande ampleur vise Muskar XII, roi de Syldavie. Müsstler (contraction de Mussolini et d’Hitler) est l’instigateur du complot.

Les allusions à une dictature fasciste sont évidentes.

1941 Le Crabe aux Pinces d’Or.

C’est à bord du Karaboudjan que Tintin va faire une rencontre décisive avec la capitaine Haddock.

Il faut revenir sur un point historique : en 1906, le Maroc est sous contrôle économique international. Les Berbères du Haut Atlas résistent jusqu’en 1934 aux forces françaises.
Le cliché du cargo Glengarry, attaché au port de Glasgow a inspiré le modèle du Karaboudjan.

1942 L’Etoile Mystérieuse.

Inspiré de « La chasse aux trésors » de Jules Verne, une expédition part à la recherche d’un météore tombée du ciel.

Hergé dessine le fameux hydravion jaune que l’expédition du Fonds Européen de Recherche Scientifique utilise. Pour cet aéronef, Hergé (sans doute influence de l’occupation allemande aidant), s’est inspiré d’un Arado Ar 196.

Hergé a pris pour modèle de l’Aurore le navire de recherches RRS.

III LES DIPTYQUES.

1943 Le Secret de la Licorne et 1944 le Trésor de Rackham le Rouge.

Le Secret de La Licorne constitue la première partie d’un diptyque qui s’achève avec Le Trésor de Rackham le Rouge.

C’est le Brillant, vaisseau de la flotte de Louis XIV qui a inspiré le dessin de La Licorne.

Hergé y découvre le passé du capitaine Haddock. Hergé passe du passé au présent (les pages les plus réussies d’Hergé diront certains).

Une peinture du 17ème siècle a inspiré le navire de 3ème rang de la flotte royale.

Dans le trésor de Rackham le Rouge, on trouve du Robinson Crusoe, du Lamartine, Jean de la Fontaine, et derrière chaque dessin, l’ombre de Robert Louis Stevenson.

Tryphon Tournesol y fait son apparition. Il va devenir indispensable, nécessaire et sera présent dans les autres albums. C’est Auguste Piccard (ci-dessus), professeur d’université, qui lui servira de modèle.

Le château de Moulinsart quant a lui a été inspiré du château de Cheverny : il constitue le domaine de l’ancêtre du capitaine Haddock, dans le style Louis XIII. C’est l’architecte Boyer qui présida aux travaux et à la décoration.

Avec la momie Inca de Rascar Capac, Hergé a laissé une trace indélébile dans la mémoire de ses lecteurs, si ce n’est un traumatisme. Il se serait inspiré d’une momie Inca ramenée du Pérou au XIXe siècle.

1948 Les Sept boules de Cristal et 1949 Le Temple du Soleil.

L’histoire constitue le premier volet d’un diptyque dont le second est Le Temple du Soleil .

Elle fait référence à l’expédition financée par Carnarvon, archéologue afin de retrouver la tombe de Toutânkhamon et qui aurait causé la mort de 27 personnes. Lord Carnarvon aurait été la première victime de la malédiction du pharaon.

Mais en réalité, les vingt-six autres personnes ayant un lien avec la découverte de la tombe de Toutânkhamon seraient mortes, beaucoup d’entre elles, de causes naturelles et à un âge avancé, même si la rumeur laisse penser que ce serait causé par l’air de la tombe restée fermée pendant 3 000 ans. Howard Carter, le premier à y entrer, n’est mort qu’en 1939 de cause naturelle.

De nombreuses théories ont été avancées ; les morts n’ont pas d’origine surnaturelle : pas d’huile d’amande douce transformée en cyanure, pas de gaz nocif.

Tout est explicable. La légende ne tient pas.

Dans Le Temple du soleil, Tintin et le capitaine Haddock se trouvent à Callao au Pérou à la recherche du professeur Tournesol . ce dernier a été enlevé pour avoir (dans l’album précédent) porté le bracelet de la momie de Rascar Capac et qu’à cause de ce sacrilège, il doit être mis à mort. Ils le retrouvent dans le cargo, le Pachacamac.

Pour les anciens péruviens ou quéchuas, Viracocha, était une divinité majeure de la mythologie Inca.

La chulpa est une tour funéraire dans certaines civilisations pré-incas. L’entrée est tournée vers l’est. Les amis de Tintin y passent la nuit.

Hergé s’est inspiré des sculptures sur pierres et des ruines de Sacsayhuamán au Pérou.

C’était bien documenté à l’époque.

La revue de National Géographic va inspirer la scène du sacrifice.

Pour la scène de l’éclipse, Hergé s’inspire d’un texte du livre « Christophe Colomb » de César Giardini.

1950 Tintin au Pays de l’Or Noir. 

               L’histoire est prépubliée en noir et blanc en 1939 dans les pages du Petit Vingtième. Le journal s’arrête au début de la guerre, et Tintin reprendra l’histoire huit ans après.  Il n’aura que 55 pages d’aventure. Ce n’est qu’en 1948 que l’histoire sera reprise en couleurs dans le Journal de Tintin.

Comment introduire le capitaine Haddock, qui est apparu après. Hergé a une astuce, il le fait « mobiliser ».

1953 Objectif Lune et 1954 On a marché sur la Lune.

D’autres écrivains avaient abordé cette thématique : Jules Verne par «   De la Terre à la Lune », roman d’anticipation paru en 1865, qui forme la première partie d’un diptyque, qui se clôt avec «Autour de la Lune », paru quatre ans plus tard, puis  H. G. Wells,  un écrivain britannique surtout connu pour ses romans de science-fiction. 

Mais les pages qui marqueront des générations d’enfants furent celles écrites par Hergé.

15 ans avant que l’américain Neil Armstrong ne marche pour la première fois sur la Lune (au cours de la mission Apollo 11 en juillet 1969), l’auteur de bande dessinée Hergé y envoie ses personnages. Tintin a marché sur la lune avant Neil Armstrong.

Il faut noter le réalisme très scrupuleux (à base de documentation), de l’usine atomique, étudiée avec un maximum de ressemblance. Le professeur Tournesol conçoit une fusée rouge et blanche, alors qu’à cette époque russes et américains n’ont pas encore leur fusée pour aller sur la lune.

Nos héros doivent se poser dans le cratère Hipparque. Quand Tintin y pose le pied, il est frappé par l’effrayante désolation du paysage. En juillet 1969 Armstrong et Aldrin feront les mêmes remarques…Eux se poseront au sud de la mer de Tranquillité.

« Pour la première fois dans l’humanité, on a marché sur la lune » dira Tintin

« C’est un petit pas pour l’homme, mais un grand pas pour l’humanité » dira Armstrong.

Hergé s’inspirera aussi de la filmographie : Destination… Lune (titre original : Destination Moon) , film américain réalisé par Irving Pichel, sorti en 1950.

IV SUITE ET FIN DES AVENTURES DE TINTIN. 

1956 L’Affaire Tournesol.

Tournesol met au point en 1955 une invention qui a failli être à l’origine de la troisième guerre mondiale, à savoir une arme de destruction massive.

Il y a une réalité scientifique derrière des idées qui peuvent paraître farfelues.

La maison du Professeur Alfredo Topolino, à qui le Professeur Tournesol devait rendre visite pour lui parler de son projet d’ultrasons a eu comme modèle une maison en suisse. Dans l’histoire, malheureusement il n’y arrivera pas et la maison sera détruite à cause d’une bombe placée dans la cave.

1958 Coke en Stock.

Le bateau Ramona y joue un rôle majeur.

Hergé avait ressenti la nécessité d’un repérage complet destiné à reproduire fidèlement les décors du cargo qu’il allait mettre en scène dans le futur album Coke en stock

Ce voyage d’étude se fit, en compagnie de Bob De Moor, son principal collaborateur, sur un cargo mixte : le Reine Astrid.

Dans la réédition, il y a eu des modifications du texte, notamment les propos que l’auteur faisait tenir aux esclaves, pour éviter d’être taxé de racisme. Tous les textes ont été réécrits, dans un esprit de ne pas choquer.

Dans l’album, on peut voir Tintin, Milou et le capitaine Haddock se réfugier dans la montagne et arriver par le Siq (le Défilé), à la cachette de l’Émir. Pour réaliser toute la scène troglodyte, Hergé prit modèle sur le défilé de Siq et le temple de Pétra, situés en Jordanie.

Autre référence à une personne existante : Alain Bombard. Sur le radeau, Tintin fait part de sa volonté de tenter de boire de l’eau de mer en faisant précisément référence au Docteur Bombard, médecin français.

1960 Tintin au Tibet.

Le plus beau combat de Tintin, il le livrera contre la nature (vignettes montrant la grandiose des neiges du Tibet) : le panorama y est décrit sur trois images (art de l’ellipse qu’Hergé maîtrisait vraiment).

Dans les rues de Dehli, les vaches sont sacrées : croyance hindouiste. Hergé a puisé son histoire dans la réalité. Le Tibet est un pays réel, qu’Hergé a reproduit.

En ce qui concerne le Yeti, Hergé prend contact avec Bernard  Heuvelmans, zoologue, cryptozoologue et écrivain belge. C’est un ami d’Hergé avec qui il a travaillé à plusieurs reprises.

1963 Les Bijoux de la Castafiore.

C’est un album à part dans la saga de Tintin car tout se passe dans un lieu unique : le château de Martinsart.

Tintin va s’effacer devant un capitaine Haddock qui prend de plus en plus d’importance.

Référence aux romanichels, manouches, gitans, considérés comme chapardeurs.

Hergé va leur donner une autre humanité et va les rendre attachants.

En 1963, ce sont les prémisses de la télévision en couleur. Les caméras de l’époque ont bien changé depuis.

Cet album a fait l’objet d’une thèse.

« La jeunesse actuelle ne sait pas ce qu’est un télégramme, une cabine téléphonique… »

1968 Vol 714 pour Sydney.

L’album va respecter l’unité de lieu. Le plan de l’avion est le plus réaliste possible. Pour cela, Hergé fait appel à un expert. Il s’agit d’un triréacteur à géométrie variable.

Il y a une partie fantastique, lorsqu’il évoque les extra-terrestres. Hergé s’appuie sur les travaux de Jacques Bergier, écrivain et journaliste scientifique pour créer son personnage Mik Ezdanitoff.

1976 Tintin et les Picaros.

C’est le dernier album sorti du vivant d’Hergé. Les scènes sont inspirées de personnages réels (Amérique du Sud).

1986 Tintin et l’Alph Art.

Cet album a été édité post mortem, non achevé.

Cet album évoquait l’art contemporain et a permis à l’auteur de retracer sa passion pour cet art. Il n’a pas été terminé, et comme les volontés d’Hergé étaient que son œuvre ne soit pas reprise, il n’y a pas eu de suite.

                                                                            Marie-Pierre Fourdinier,

                                                                             le 3/02/2026

                                                                            UTL Pévèle Carembault

Hergé

Léon-Gontran Damas, auteur né à Cayenne, métis (amérindien, africain et américain) en 1912, est généralement moins connu du grand public que Aimé Césaire ou Léopold Sédar Senghor mais reste une figure incontournable de la Négritude.

C’est le 3ème homme, il est le pendant de Césaire. Il a une sobriété dans l’écriture.

Son recueil de poèmes « Pigments » est un texte qui est une critique frontale de l’aliénation de la bourgeoisie antillaise qui ne jure que par les coutumes européennes.
C’est un personnage fascinant, plus connu en Amérique.

Il est député de Guyane de 1948 à 1951.

Il est anti assimilationniste, ce en quoi il diffère politiquement d’Aimé Césaire.

Il publiera un recueil, parlant de décolonisation, qui sera censuré pour atteinte à la sureté de l’Etat.

Il va avoir des missions ethnologiques. Lettré, il va lire des scientifiques, anthropologues, ethnologues.

Pigment va paraître dans la Revue du Monde Noir en 1937.

L G Damas part au Brésil pour rechercher des traces des esclaves africains. Il enseigne la littérature aux Etats-Unis.

  • Quelques autres ouvrages feront référence :

Black Orphéus de Jean-Paul Sartre – théorisation de la négritude, en 1948

Anthologie de la nouvelle poésie nègre et malgache de langue française, écrite par Léopold Sédar-Senghor en1948, avec une préface de Jean Paul Sartre

Alioune Diop, intellectuel sénégalais, créée en 1947 la revue Présence Africaine.

Mort le 17 avril 2008, Aimé Césaire a été inhumé près de Fort de France. Sa maison, gérée par la Fondation Aimé Césaire se visite. On y découvre une grande bibliothèque qui accueille ses ouvrages, des statuettes et des masques africains.

Le 6 avril  2011, une plaque commémorative portant son nom est déposée au Panthéon à Paris, une ultime reconnaissance pour ce grand homme.

                                                         Marie Pierre Fourdinier, le 16 mars 2025

                                                                                UTL Pévèle Carembault

« …Partir. Mon cœur bruissait de générosités emphatiques. Partir… j’arriverais lisse et jeune dans ce pays mien et je dirais à ce pays dont le limon entre dans la composition de ma chair : « J’ai longtemps erré et je reviens vers la hideur désertée de vos plaies ». Je viendrais à ce pays mien et je lui dirais : « Embrassez-moi sans crainte…Et si je ne sais que parler, c’est pour vous que je parlerai »… Aimé Césaire

« …Mais les faisant, mon cœur, préservez-moi de toute haine ne faites point de moi cet homme de haine pour qui je n’ai que haine car pour me cantonner en cette unique race vous savez pourtant mon amour tyrannique vous savez que ce n’est point par haine des autres races que je m’exige bêcheur de cette unique race que ce que je veux c’est pour la faim universelle pour la soif universelle… »

Aimé Césaire

Extraits du « Cahier d’un retour au pays natal »